Tout savoir sur Fuze III, le créateur qui monte une société par problème
Besoin de sponsors, il fonde une agence. Besoin de décors Minecraft, il fonde un studio. Besoin de gérer sa boutique, il fonde une société de logistique. Chacun de ses ennuis récurrents est devenu une entreprise — dont plusieurs vendent aujourd'hui à d'autres qu'à lui.
YouTubeMinecraftEntrepreneuriat
Nom réel
Julien Guichon
Naissance
Octobre 1998
Chaînes
3,12 M · 751 K · 544 K
Sociétés
FUZE III, Fuzetrust
En cours
Recube, PokeIsland
Fortune
Non publique
Sa particularité : il publie ses chiffres, y compris les mauvais. « J'ai perdu 400 000 € bêtement », « Paladium va mal et c'est ma faute » sont des titres de ses propres vidéos. Cette fiche s'appuie autant sur ses comptes déposés que sur ce qu'il raconte lui-même.
Une société à chaque problème
C'est le fil de tout son parcours, et c'est ce qu'il y a de plus transposable. À chaque fois qu'une difficulté revient, il monte une structure pour la traiter — puis la vend à d'autres.
Ses sponsors étaient mal gérés
Plutôt que de rejoindre une agence existante, il en cofonde une fin 2022 avec Hugo Petit. Elle représente aujourd'hui une quinzaine de créateurs contre 20 % de commission, et avait annoncé 113 campagnes pour environ un million d'euros dès sa première année.
Il payait des indépendants pour ses décors
Ses vidéos Minecraft demandaient sans cesse des cartes, des constructions, des mini-jeux. Il participe donc à la création d'un studio, qui travaille désormais pour Renault, la Fnac, le Crédit Agricole ou Xbox — plus seulement pour lui.
Sa boutique lui coûtait du temps
Stocks, commandes, expéditions, service après-vente. En 2025 il participe au montage d'une structure qui gère le merchandising d'une trentaine de créateurs. Sa propre boutique passe désormais par elle.
Ses bénéfices dormaient
Une holding créée en 2022, au capital de 523 000 euros, qui centralise ses participations et lui permet de réinvestir sans sortir l'argent en revenu personnel. Une société civile immobilière suit en 2025, dont le nom vient du minerai de Paladium.
Le mécanisme est toujours le même : un besoin interne, une équipe montée pour y répondre, puis cette équipe transformée en entreprise qui facture des tiers. Lucien Cupif applique exactement ce raisonnement dans l'automobile, jusqu'à racheter l'usine qui fabrique ses vêtements.
Son parcours, étape par étape
Une vidéo par jour, pendant ses études
Il publie sous un premier pseudo dès douze ou treize ans, puis adopte celui qu'on lui connaît. Pendant son cursus d'informatique en région parisienne, il tient une cadence quotidienne — et atteint à une période plus de 30 000 euros de revenus mensuels.
2015 : Paladium
Un serveur Minecraft avec son économie, ses objets et ses microtransactions. Le projet devient une vraie entreprise : développeurs salariés, graphistes, support, infrastructure, et jusqu'à son propre matériel hébergé à Rennes.
Une croissance lente et continue
Un million d'abonnés en 2019, deux millions en 2021, trois ensuite. Moins spectaculaire que certaines ascensions, mais sans le décrochage qui suit souvent les explosions rapides.
Il découpe son audience en trois
Sa chaîne principale bascule vers le divertissement, une deuxième reprend tout le jeu, une troisième parle argent et coulisses d'entreprise. Trois publics, trois algorithmes, trois inventaires publicitaires distincts.
Septembre 2025 : Recube
Il rapproche Paladium de NationsGlory avec Romain Darbas, dans une structure commune à parts égales. Une vingtaine de personnes réunies à Montpellier, des serveurs et des équipes mutualisés. Lui prend la stratégie, son associé l'opérationnel.
Septembre 2026 : PokeIsland
Il reprend un petit serveur Minecraft à l'abandon inspiré de l'univers Pokémon, et documente tout : les chiffres avant rachat, les améliorations, le lancement, les résultats. La structure juridique exacte de l'opération n'est pas publique.
Ce que ses comptes disent vraiment
Sa société principale dépose ses comptes, donc ses chiffres sont opposables. Ils racontent quelque chose que personne ne relève.
Son chiffre d'affaires baisse depuis 2022
1,37 million d'euros en 2022, puis 1,09 million en 2023, puis 949 000 en 2024. Une baisse de trente pour cent en deux ans, que les pages à son sujet ne mentionnent jamais.
Et pourtant la société est solide
238 000 euros de bénéfice net en 2024, soit environ un quart du chiffre d'affaires. Fin 2024 : 1,51 million de fonds propres, 1,15 million de trésorerie, et à peine 7 000 euros de dettes financières. Une entreprise qui rétrécit sans se fragiliser.
Ces montants ne sont pas sa fortune
Ce sont les actifs d'une société, qui restent dans la société. S'y ajoutent des participations dans plusieurs autres structures, dont on ne connaît ni les pourcentages ni la valeur. Additionner tout cela pour en déduire un patrimoine serait faux.
Ce chiffre d'affaires n'est pas que la publicité
La même société porte les vidéos, l'exploitation de Paladium et la vente de produits dérivés. Y lire les revenus YouTube serait une erreur — d'autant qu'il explique avoir fait passer les partenariats d'environ 10 à près de 50 % de ses revenus de créateur.
Sa fortune n'est donc pas chiffrable, et les estimations qui circulent — deux, cinq, dix millions — ne reposent sur rien. Millionnaire est très plausible au vu des sociétés et de l'immobilier. Un montant précis ne l'est pas. Le même écueil se retrouve chez Tibo InShape, dont on confond le bénéfice d'entreprise avec le patrimoine.
Paladium n'était pas la machine à cash qu'on imagine
C'est le point le plus contre-intuitif de son parcours, et il le dit lui-même. Le serveur était immensément populaire — son espace communautaire compte encore près de 89 000 membres — mais sa rentabilité restait faible. Développement, serveurs, salaires et encadrement absorbaient l'essentiel de ce que rapportaient les achats en jeu.
Il a même envisagé de revendre le projet. La réponse trouvée n'a été ni la vente ni l'abandon : réunir Paladium et NationsGlory dans une structure commune pour mutualiser les développeurs, l'infrastructure et le management. Chaque serveur garde son nom et sa communauté ; ce sont les coûts qui fusionnent.
Il y a là une leçon qui vaut au-delà du jeu vidéo : une audience énorme ne rend pas un projet rentable. Une communauté de plusieurs dizaines de milliers de personnes peut très bien coûter plus qu'elle ne rapporte, et c'est la structure de coûts qui décide, pas la popularité.
Trois précisions utiles
Il ne dirige plus son agence
Il a quitté la présidence de la structure qui gère ses sponsors fin 2024. Il en reste le cofondateur historique et y est associé, mais il n'en est plus le dirigeant. La distinction compte quand on lit « l'agence de Fuze ».
Le bar n'est pas le sien
Il a investi dans un bar à Montpellier dont le fonds de commerce a été acheté environ 170 000 euros, mais il n'en est pas le dirigeant légal. C'est une participation, pas une propriété — et il en a publiquement tiré le bilan en vidéo.
Il publie ses échecs
Perdre 400 000 euros, admettre qu'un projet va mal par sa faute, se demander publiquement s'il va faire faillite. Cette transparence est rare à ce niveau d'audience, et c'est ce qui rend ses chiffres exploitables. Marc Lou applique la même règle à ses trente-six projets.
Questions fréquentes
Quelle est la fortune de Fuze III ?
Elle n'est pas publique. Sa société principale affichait fin 2024 environ 1,51 million de fonds propres et 1,15 million de trésorerie, avec très peu de dette. Mais ces montants appartiennent à la société, pas à lui, et ses participations dans d'autres structures ne sont pas évaluables de l'extérieur.
Combien lui rapporte YouTube ?
Impossible à isoler : la même société porte les vidéos, le serveur et les produits dérivés. Ce qu'on sait, c'est qu'il a fait passer les partenariats d'environ 10 à près de 50 % de ses revenus de créateur — autrement dit, la publicité de la plateforme n'est plus que la moitié de l'histoire.
Pourquoi son chiffre d'affaires baisse-t-il ?
Il est passé de 1,37 million en 2022 à 949 000 en 2024. Les comptes ne l'expliquent pas, et il faut se garder d'interpréter. Ce qu'ils montrent en revanche, c'est une société qui reste rentable et très peu endettée malgré cette baisse.
Pourquoi trois chaînes différentes ?
Parce que trois publics distincts n'ont pas les mêmes attentes ni la même valeur publicitaire. Le divertissement, le jeu et l'entrepreneuriat vivent mieux séparés qu'empilés sur une seule chaîne, où chaque changement de sujet fait fuir une partie des abonnés.
Que devient Paladium ?
Il continue, au sein de la structure commune montée avec NationsGlory en septembre 2025. Les deux serveurs gardent leur identité, mais partagent équipes, infrastructure et outils — y compris un lanceur et un compte communs.
Que faut-il surveiller en ce moment ?
La reprise de PokeIsland. C'est la première fois qu'il rachète un projet existant plutôt que d'en créer un, et il documente l'opération publiquement. Le résultat dira si son savoir-faire se transpose à un actif qu'il n'a pas construit.
Construire ta propre audience
Une niche, une audience, puis des revenus qu'on transforme en actifs : le principe derrière ces fiches est détaillé étape par étape dans l'espace membre.